Les plans vélos en Belgique étaient jusqu'à présent l'apanage des régions. Le gouvernement fédéral propose aujourd'hui un plan national "BeCyclist" qui active ses leviers (fiscalité, rail, code de la route) pour booster les efforts des régions. Dans un domaine comme la lutte contre le vol de vélo cela amène le véritable liant qui manquait jusqu'ici.

Plan vélo BECYCLISTHistoriquement, le niveau fédéral n'a jamais adopté une vraie stratégie nationale en faveur du vélo. Des initiatives isolées, comme la déductibilité fiscale de l'indemnité kilométrique vélo domicile/travail, ou des modifications ponctuelles du code de la route plutôt favorables aux deux roues, ont pourtant placé notre pays sur la carte internationale des politiques cyclables.

Qu'est ce qui a changé la donne ? La réponse se trouve dans l'accord de gouvernement 2020-2024, qui donne (enfin) une vraie place au vélo dans le paysage fédéral de la mobilité. Et aussi, dans la montée en force des déplacements à vélo et de la pression citoyenne (climatique ?).

Le contenu du plan

Le nouveau plan vélo fédéral "BeCyclist" expose tout d'abord dans son préambule une vision positive du vélo, comme mode de déplacement "valable et fonctionnel" pour tous. Une mise au point essentielle et bienvenue. Puis propose, de façon succincte, une liste de 52 mesures concrètes, qui vont mettre à contribution tous les ministères nationaux.

On soulignera parmi les points forts de ce plan une "optimisation" de l'indemnité vélo domicile/travail, qui ne couvre pas encore, faut-il le rappeler, tous les salariés en Belgique. C'est d'ailleurs une demande récurrente du GRACQ. En matière de fiscalité il est aussi question de rendre accessible le leasing vélo aux employés du secteur public. Pour l'instant en effet seuls les travailleurs du privé (7%) peuvent en bénéficier, si leur employeur le propose bien sûr.

Au niveau de la sécurité routière, une attention particulière sera accordée au vélo dans le nouveau code de la route (en préparation depuis des années). Et aussi lors des prochains États Généraux de la Sécurité Routière.

Au niveau de la lutte contre le vol de vélo, qui est un des points majeurs de ce plan, on trouve la volonté de développer un registre national des vélos. Un premier outil indispensable qui devrait épargner aux régions de développer elle-même leurs propres banques de données (une perte de temps et d'efficacité !). Puis, tout aussi important, une mobilisation de l'Intérieur et de la Justice pour prendre enfin à bras le corps le problème de l'impunité dans le secteur.

De son côté le secteur ferroviaire n'est pas oublié, puisque Infrabel et la SNCB devront "faciliter l'aménagement de cycloroutes" le long des rails et le stationnement/transport des vélos.

L'état fédéral va aussi balayer devant sa porte, en intégrant mieux le vélo dans les bâtiments fédéraux, y compris au Théâtre Royal de la Monnaie et à BOZAR. Et en stimulant aussi les déplacements professionnels à vélo de ses fonctionnaires. Des études et des enquêtes statistiques fédérales devraient être plus souvent menées également.

On note positivement qu'une des mesures de gouvernance du plan a elle déjà été concrétisée : la création d'une commission vélo fédérale, où les régions et les associations cyclistes sont représentées (GRACQ inclus). Ce lieu est particulièrement important car il permet de croiser les idées et les projets de tous les acteurs du vélo en Belgique. Cette commission se réunit tous les trimestres au SPF Mobilité, depuis juin 2021.

Enfin, on se réjouit de l'attention portée par le gouvernement fédéral au fait que seulement 36% des cyclistes sont des femmes. Même si aucune initiative précise n'est indiquée à ce sujet.

Évaluation

Ce plan vélo contient l'essentiel des mesures attendues par les associations cyclistes au niveau fédéral. De plus il complète de façon utile les plans régionaux. On pourra bien sûr lui reprocher son côté "catalogue d'intentions", le peu de détail des mesures (même si un plan complet existe quelque part), l'absence de budget, d'échéances ou d'objectifs chiffrés (parts modales en 2030 par exemple), mais il constitue un très bon premier pas dans la bonne direction.

Le GRACQ sera en tout cas au rendez-vous annuel, fixé chaque mois de septembre, pour l'évaluation de l'application de ce plan vélo national. Suite à cette évaluation annuelle, le gouvernement annonce que des adaptations seront possibles, voire de nouvelles mesures non encore prévues mais qui s'avéreraient nécessaires.

Luc Goffinet

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