L’Union européenne a entamé la révision de sa directive sur la performance énergétique des bâtiments. On y parle beaucoup de bornes de recharge pour les véhicules électriques mais très peu de stationnement vélo, qui est pourtant la solution de mobilité la plus efficiente en termes énergétiques.

Cette directive, qui a vu le jour en 2010, ignorait à l'époque totalement les enjeux de mobilité. Ceci a été partiellement corrigé en 2018, via une obligation de prévoir des bornes de recharge pour des voitures électriques (uniquement dans les bâtiments comportant plus de 10 places de stationnement voiture). Cette révision de 2018 suggérait aussi aux états membres de se doter de "recommandations" pour le stationnement vélo dans les immeubles, à destination de leurs autorités locales, souvent en charge de l'urbanisme.

Inutile de souligner que cette pression "soft" n'a pas débouché sur beaucoup de contraintes pour les promoteurs immobiliers européens. Seuls quelques états membres ont imposé des mesures pour le stationnement vélo dans le cadre de cette directive, qui est par ailleurs la seule en Europe à pouvoir réguler le stationnement en immeuble. Tandis que 15 états imposent de leur côté un nombre minimal de places de parking voitures.

Il y a donc bien des états et des régions pionniers qui imposent un nombre minimum d'emplacements vélo dans les immeubles, comme nos voisins français mais aussi la Région de Bruxelles Capitale. D'autres, comme la Wallonie se reposent toujours sur la bonne volonté - présumée - des pouvoirs locaux en la matière :

ECF Stationnement vélo immeubles

Cette nouvelle révision de la directive PEB est donc une formidable opportunité de pousser tout le monde à être plus ambitieux. Malheureusement l'Union européenne s'y concentre à nouveau surtout sur les véhicules électriques. On y parle bien de bornes de recharge pour les vélos électriques cette fois-ci, mais cet enjeu est très secondaire par rapport à la place sécurisée nécessaire à stocker ces mêmes vélos. D'autant plus que de simples prises de courant peuvent suffire dans le cas des deux roues.

Le cheval de bataille des associations cyclistes européennes, coordonnées par l'ECF (notre fédération européenne) est d'insérer dans la directive un nombre minimum de places vélo par immeuble dans toute l'Union. Soit au minimum 1 emplacement par unité de logement. Étant entendu que les états membres peuvent aller plus loin et imposer, par exemple, 1 emplacement par chambre (dans le cas d'un immeuble résidentiel). Dans le même temps, pour favoriser la mobilité durable, il serait bien de supprimer dans toute l'Union les seuils minimaux imposés pour les parkings voitures.

Le GRACQ répondra donc en ce sens à l'enquête publique européenne, qui se clôture le 22 juin. Un texte finalisé avec le Parlement et le Conseil européen ne pourra toutefois intervenir au plus tôt qu'en 2022, pour une transposition par les états membres... en 2024/25. En attendant la pression sur les états membres reste toujours aussi nécessaire pour prendre à bras le corps l'imposition du stationnement vélo dans nos immeubles.

Geoffrey Usé et Luc Goffinet

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